Vibecoder sans se faire piéger : ce que Claude Code corrige que toi tu ne verrais pas
Je t’ai déjà raconté comment j’ai collé un mot de passe par réflexe en pleine session de vibecoding, et comment c’est l’IA elle-même qui m’a arrêté avant que ça devienne un vrai problème (si tu ne l’as pas lu, c’est ici). Ce jour-là, j’ai réalisé un truc plus large : le vibecoding (coder en dialoguant avec l’IA plutôt qu’en tapant chaque ligne soi-même) n’est pas dangereux parce que l’IA fait des erreurs. Il est dangereux parce qu’il te donne l’impression que tu n’as plus besoin de vigilance. Et ça, c’est faux.
Le filet de sécurité a des trous
Claude Code m’a rattrapé une fois. Ça ne veut pas dire qu’il rattrape tout, tout le temps. Voici les pièges classiques que j’ai fini par reconnaître, pas en les lisant quelque part, en les vivant.
Le secret qui traîne. Celui que je viens de mentionner. Un mot de passe, une clé API, un jeton, collé sans y penser dans une conversation qui va continuer, potentiellement être relue, journalisée. L’IA peut l’attraper. Elle ne le fait pas toujours.
La boucle de correction sans fin. Un bug apparaît, l’IA le corrige, cette correction en introduit un autre, elle corrige le second, et ainsi de suite, sans jamais se stabiliser. Je l’ai vécu sur un projet de pipeline vidéo : trois itérations à corriger un problème de timestamp qui revenait sous une forme légèrement différente à chaque fois. Le réflexe qui marche : arrêter la boucle, demander explicitement une explication de la cause plutôt qu’un nouveau correctif, et comparer deux ou trois approches avant de choisir.
Le code qu’on ne relit jamais vraiment. C’est le piège le plus insidieux, parce qu’il ne se voit pas au moment où il se produit. Le sondage 2025 de Stack Overflow a recueilli plus de 49 000 réponses dans 177 pays ; son analyse de la confiance envers l’IA montre que si l’usage de l’IA a grimpé à plus de 84 % des répondants, la confiance envers ce que l’IA produit a chuté à seulement 29 %, en baisse de 11 points sur un an. Autrement dit : de plus en plus de monde utilise l’IA pour coder, en lui faisant de moins en moins confiance, et pourtant continue d’en dépendre. C’est exactement l’écart dans lequel une erreur silencieuse peut se glisser.
Le réflexe qui compense : un fichier qui se souvient à ta place
Ce qui aide vraiment, ce n’est pas de devenir paranoïaque à chaque ligne générée. C’est de donner à l’IA un fichier qui documente les décisions déjà prises, la structure du projet, et les erreurs déjà rencontrées, pour qu’une nouvelle session ne reparte pas de zéro et n’ait pas à redécouvrir les mêmes pièges. Trois artefacts précis font ce travail, je les ai détaillés dans mon article sur la cascade de fichiers de contexte : la mémoire (une fiche qui se met à jour à chaque leçon apprise), le handoff (une photo figée d’une session à l’autre, pour passer une mission sans tout réexpliquer), et /today (une commande qui relit l’état du projet au démarrage plutôt que de le redécouvrir à tâtons).
Concrètement, chacun de mes projets a son propre fichier de ce genre. Celui du pipeline vidéo documente, entre autres, l’épaisseur exacte, au pixel près, d’un cadre visuel qu’on a mis deux essais à calibrer, un détail qu’il serait facile de refaire différemment trois semaines plus tard sans ce genre de mémoire. Ce n’est pas un luxe technique : c’est ce qui évite de repayer le même prix d’apprentissage deux fois.
Trois signaux qui doivent te faire ralentir
Si tu ne retiens qu’une chose de cet article, retiens ces trois réflexes de vigilance, peu importe l’outil d’IA que tu utilises pour coder :
- Un secret apparaît dans ta conversation → tu t’arrêtes, tu le changes, tu ne continues pas comme si de rien n’était.
- Une correction en entraîne une autre, puis une autre → tu casses la boucle. Le mécanisme qui force ça dans Claude Code, c’est le mode Plan (
Shift+Tab, ou tape/plan) : l’IA explore et te propose un plan écrit, sans toucher à ton code, et tu dois l’approuver avant qu’elle agisse. Pour aller plus loin,/model opusplanaffine la qualité de cette réflexion (un modèle plus puissant pense le plan, un autre exécute ensuite), mais c’est le mode Plan qui fait le travail, pas le choix du modèle. - Tu t’apprêtes à accepter du code que tu ne comprends pas vraiment → tu testes le résultat fonctionnellement (cliquer, vérifier, comparer à ce que tu attendais), même sans savoir lire le code ligne par ligne. N’hésite pas à demander à ton IA d’expliquer et de commenter généreusement ton code.
Le vibecoding n’est pas irresponsable en soi. Ce qui l’est, c’est de croire que la vigilance n’est plus nécessaire parce que l’IA « s’occupe de tout ». Elle t’aide. Elle ne te remplace pas, et c’est exactement la promesse de départ : le danger n’est jamais dans les erreurs de l’IA, il est dans l’impression qu’on n’a plus besoin de les chercher.
En résumé
- Le vibecoding n’est pas risqué parce que l’IA se trompe : il l’est parce qu’il donne l’impression que la vigilance n’est plus nécessaire.
- Trois signaux méritent de ralentir : un secret qui traîne, une boucle de correction sans fin, du code accepté sans être compris.
- Un fichier qui documente les décisions déjà prises évite de repayer le même prix d’apprentissage deux fois : la mémoire, le handoff et
/todayen sont trois formes concrètes. - Le mode Plan (
Shift+Tab) force la réflexion avant l’action ;opusplanen améliore la qualité, mais ne remplace pas le mode Plan.
Toi, as-tu déjà accepté du code IA sans vraiment le comprendre ? Dis-moi ce qui t’a fait réaliser ça.
Cet article reprend, en version écrite, ma vidéo « vibecoder sans se faire piéger » publiée sur TikTok. Si tu veux la version courte, elle est ici.
Cet article fait suite à mon atelier IA n’a pas 6 outils, il en a un et à la leçon de sécurité que le vibecoding m’a apprise à mes dépens. Abonne-toi au blog pour la suite de la série.
Sources : Stack Overflow Developer Survey 2025 · Stack Overflow — Mind the gap: Closing the AI trust gap for developers (2026)