Arrête de relancer ton IA : fais-la boucler

Tu relis la réponse de ton IA, tu soupires, tu écris « non, refais-le avec plus de précision ». Elle refait. Tu relis, tu soupires encore. Si ça te dit quelque chose, tu fais déjà une boucle, mais c’est toi qui tournes dedans.

Boris Cherny, le créateur de Claude Code, a résumé son virage ainsi : il ne « prompte » plus Claude, il écrit des boucles qui le font à sa place. IA Espresso en a tiré une version pour les créateurs, ce qui m’a donné envie de vérifier ce que ça veut dire quand on n’est pas développeur. Voici l’idée en clair, avec mes propres essais.

Une boucle : l'IA réécrit, la grille de oui ou non tranche. Si non, elle recommence, dans la limite de 4 tours. Si oui, c'est toi qui valides.

Une boucle, c’est un critère d’arrêt

Une boucle, c’est l’IA qui recommence jusqu’à ce qu’une condition soit remplie. Tout se joue dans cette condition. Pas dans l’IA, pas dans le prompt : dans la phrase qui dit « c’est bon quand… ».

Un développeur a un juge tout trouvé : les tests passent ou ne passent pas. Toi, tu dois fabriquer le tien. Le test d’un bon critère est simple : peut-on y répondre par oui ou par non ?

  • « Écris mieux » : impossible à trancher, la boucle ne s’arrête jamais.
  • « Aucun point d’exclamation, le solde impayé est en chiffres » : oui ou non, on peut vérifier.

Les quatre types de boucle

L’article d’IA Espresso distingue quatre types. Je les reprends avec mes mots et des exemples de gestion plutôt que de code.

1. Au tour par tour : c’est toi la boucle

C’est l’usage de tous les jours. Tu demandes, tu lis, tu redemandes. Tu décides à chaque tour si c’est assez bon.

Rien de mal à ça, c’est même ce qu’il faut pour explorer. Mais quand tu refais la même demande de correction pour la cinquième fois, tu viens de trouver une tâche à confier à une vraie boucle.

2. À objectif : l’IA tourne jusqu’à ce que ce soit vrai

Tu écris la condition, l’outil recommence tout seul. Dans Claude Code, la commande s’appelle /goal, et sa syntaxe est /goal [<condition> | clear]. Un exemple que j’ai testé : un rapport de facturation bâclé, une grille de six critères oui/non, et la consigne « arrête-toi après 4 tours maximum ».

Résultat réel : deux tours, une minute, environ 3 100 jetons (tokens, les unités qui servent à mesurer le coût). Le détail pas à pas est dans l’article pratique qui suit.

Ce que j’y ai appris : une boucle à objectif se fait satisfaire, pas comprendre. Ma première grille a été « satisfaite » par des dates inventées. La seconde, avec un critère « rien d’inventé, [À CONFIRMER] sinon », a fait bloquer l’outil et poser la question.

3. Programmée : la boucle tourne selon le calendrier

Au lieu de lancer la tâche toi-même, elle se déclenche à heure fixe. Exemple d’IA Espresso : chaque dimanche à 18 h, l’IA reprend les signets de la semaine et propose cinq idées de contenu.

Côté Claude Code, deux commandes vont dans ce sens : /loop (répéter une tâche à intervalle régulier) et /schedule (tâches planifiées dans le cloud, soit « nuage »). Je les décris d’après leur description dans la liste des commandes de Claude Code et je ne les ai pas encore testées pour ce blog : ce sera le sujet d’un prochain essai, avec sortie réelle. Retiens le principe : tu n’es plus celui qui déclenche.

4. Proactive : les trois ensemble

Une tâche planifiée, qui boucle jusqu’à un critère, et qui s’arrête avant d’agir : tu valides, elle ne publie rien seule. Exemple d’IA Espresso : chaque mercredi matin, reprendre la dernière lettre d’information, en tirer des publications, les vérifier contre ta voix, les déposer en brouillon.

C’est le type le plus puissant et le plus facile à mal utiliser. D’où la règle suivante.

Trois garde-fous, toujours

  1. Un plafond de tours. Sans lui, une boucle qui n’atteint jamais son critère continue de consommer. Dans /goal, il n’y a pas d’option pour ça : tu l’écris dans la condition (« arrête-toi après 4 tours »).
  2. Un critère vérifiable dans un fichier ou un résultat, pas dans l’humeur de l’IA.
  3. Tu valides, elle ne publie pas. Une boucle prépare, une personne décide de ce qui sort.

Par où commencer

Pas par la boucle proactive. Prends une seule tâche que tu corriges toujours de la même façon, écris ta grille de oui/non, lance un /goal avec un plafond de tours. Si tu bloques sur la grille, demande à ton IA de t’aider à la formuler à partir d’un exemple du bon résultat.

Et relis ta grille avant de lancer : les deux miens, 1 et 6, se contredisaient sans que je le voie. C’est la boucle qui l’a révélé.

En résumé

  • Une boucle, c’est l’IA qui recommence jusqu’à ce qu’une condition soit remplie. Tout le travail est dans la condition.
  • Un bon critère se répond par oui ou non.
  • Quatre types : au tour par tour (toi), à objectif (/goal), programmée, proactive.
  • Trois garde-fous : plafond de tours, critère vérifiable, tu valides avant que quoi que ce soit sorte.
  • Une grille mal écrite fait inventer l’IA. Une bonne grille la fait te poser la question.

Quelle est la correction que tu refais le plus souvent à la main ? C’est probablement ta première boucle. Dis-la-moi en commentaire.


La mise en pratique est dans Ta première boucle avec /goal en 15 minutes (prochain article). Abonne-toi au blog pour suivre la suite.

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