Ton premier CLAUDE.md : les préférences qui te suivent partout
À la fin de cet article, tu auras un fichier que Claude Code relit au début de chaque session, peu importe le projet ouvert. Dix minutes, un seul fichier, et tu arrêtes de répéter les mêmes trois phrases à chaque nouvelle conversation.
Tu es connecté depuis l’article précédent. Cette série va poser trois niveaux de fichiers CLAUDE.md, du plus général au plus précis. Un fichier CLAUDE.md, c’est simplement un texte que tu écris toi-même, et que Claude Code lit avant de te répondre, un peu comme une liste de consignes affichée au mur pour un nouvel employé. Celui-ci est le premier et le plus large : il s’applique à tout, tout le temps.
Ce qu’il te faut
Rien de plus que Claude Code installé et connecté. Pas de projet ouvert nécessaire, ce fichier vit en dehors de tout dossier de projet.
Étape 1 — Trouver le bon emplacement (30 secondes)
Le fichier général se trouve toujours au même endroit :
~/.claude/CLAUDE.md
Le ~ désigne ton dossier utilisateur, celui qui t’appartient sur ta machine : C:\Users\ton_compte sous Windows (l’Explorateur affiche ce dossier sous le nom « Utilisateurs » en français, mais le chemin réel reste Users), /home/ton_compte sous Linux, /Users/ton_compte sous macOS. D’où que tu partes dans ton terminal, cd ~ t’y ramène directement.
Le dossier .claude existe probablement déjà (Claude Code le crée à l’installation). S’il n’existe pas encore :
# macOS, Linux, Git Bash sous Windows
mkdir -p ~/.claude
# PowerShell (Windows)
New-Item -ItemType Directory -Force ~\.claude
Étape 2 — Écrire trois préférences réelles (5 minutes)
Résiste à l’envie d’écrire un roman. Ce fichier est relu en entier à chaque session : plus il est long, plus l’IA met de temps à le parcourir avant de commencer à travailler. Vise moins de 200 lignes, et commence avec bien moins que ça.
Ouvre ~/.claude/CLAUDE.md et écris trois règles concrètes, pas des intentions vagues :
# Préférences générales
- Réponds toujours en français, avec les accents complets (jamais "deja" pour "déjà", ni "evenement" pour "événement").
- Avant de dire qu'une tâche est terminée, montre la commande de vérification
exécutée et son résultat. Ne jamais affirmer "ça marche" sans preuve.
- Pour du code Python, utilise des type hints. Pas de docstrings multi-lignes
sauf si la logique n'est pas évidente à la lecture.
Voici la différence entre une règle utile et une règle décorative. « Réponds toujours en français » se vérifie en lisant une phrase : soit c’est en français, soit ça ne l’est pas. « Écris bien », personne ne peut le vérifier, parce que « bien » ne veut rien dire de précis : bien pour qui, selon quel critère ? L’IA doit deviner, et elle devine différemment à chaque session.
Si tu ne sais pas par où commencer, regarde tes trois dernières corrections manuelles sur du texte ou du code généré par une IA. Ce que tu corriges à répétition est exactement ce qui appartient ici.
Étape 3 — Vérifier le fichier avec /memory (2 minutes)
Ouvre une nouvelle session dans n’importe quel dossier, peu importe lequel, et tape :
/memory
Cette commande ouvre la liste des fichiers de mémoire de Claude Code. La ligne « User instructions » indique Saved in ~/.claude/CLAUDE.md : c’est l’emplacement exact où Claude Code cherche ton fichier général. Sélectionne-la avec Entrée : le fichier s’ouvre dans ton éditeur, et tes trois règles doivent y être. Si le fichier n’existait pas, Claude Code vient de le créer vide au bon endroit : colle tes règles dedans et enregistre. Échap ferme la liste sans rien ouvrir. Si tu avais rangé ton fichier ailleurs, vérifie l’orthographe exacte : CLAUDE.md, en majuscules, directement sous ~/.claude/, pas dans un sous-dossier.
Un test plus direct : pose une question dont la réponse dépend d’une de tes règles, par exemple écris une phrase en anglais volontairement fautif et demande une traduction, puis regarde si le comportement suit.
Les deux pièges classiques
Tout centraliser ici. Ce fichier est général : il s’applique à un projet WordPress comme à un script Python isolé. Une règle qui ne concerne qu’un seul projet, comme une convention de nommage ou un outil précis, n’a rien à faire ici. Elle ira dans le CLAUDE.md de projet, à l’article suivant.
Écrire de la documentation plutôt que des préférences. Ce fichier n’est pas un manuel sur toi ou sur tes projets. Il ne contient que ce qui change le comportement de l’IA de façon vérifiable : le ton, la forme des réponses, les habitudes de vérification, les refus explicites.
Ce qui vient de se passer
Un fichier, trois règles concrètes, chargé automatiquement à chaque session sur cette machine. Rien à réexpliquer la prochaine fois que tu ouvres un terminal, peu importe le projet.
En résumé
- Le fichier général vit à
~/.claude/CLAUDE.md, en dehors de tout projet. - Reste sous 200 lignes : c’est relu en entier à chaque démarrage de session.
- Écris des règles concrètes et vérifiables (« réponds en français »), jamais des intentions vagues (« écris bien »).
/memoryouvre le fichier général à l’emplacement exact où Claude Code le cherche ; un test direct confirme qu’il change réellement le comportement.- Ce qui est spécifique à un seul projet n’appartient pas ici : ça vient à l’article suivant.
Prochaine étape : le CLAUDE.md de projet, celui qui vit dans ton dépôt et que ton équipe peut partager par Git.
Cette mise en pratique poursuit la série sur l’installation et la configuration de Claude Code, de zéro jusqu’à un premier programme fonctionnel. La vidéo est ici.
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