Mon goût, ce sont mes refus, pas mes préférences

Ce blog a une règle absolue, écrite noir sur blanc dans un fichier que Claude relit avant d’écrire la moindre ligne : jamais de « contactez-moi », jamais de mention de mes offres, jamais un mot-clé du genre « tarif » ou « devis ». Ce n’est pas une liste de ce que j’aime écrire. C’est une liste de ce que je refuse de publier. Et c’est exactement cette liste-là qui fait que tout ce qui sort d’ici sonne comme moi, même généré avec de l’aide.

Extrait de ma liste de refus : pas de « contactez-moi », pas de mention de tarifs, pas de jargon de vente, pas de promesse non mesurable, pas de ton commercial enthousiaste
Cette liste s’applique automatiquement, à chaque article : je ne la retape jamais.

Le goût, ça se définit par ce qu’on rejette

On pense souvent que le style d’une personne, c’est ce qu’elle aime : ses tournures préférées, ses sujets de prédilection. En documentant le mien, j’ai réalisé l’inverse : ce qui me distingue tient surtout à ce que je m’interdis. Pas de jargon de vente. Pas de promesse non mesurable. Pas de ton commercial enthousiaste, même discret. Une bonne partie de mon fichier de marque n’est faite que d’interdits, et c’est justement ce qui le rend utile : une préférence est vague (« écris de façon accessible »), un refus est net (« jamais tel mot, jamais ce CTA »).

Ce que Claude lit avant d’écrire pour moi

Ce fichier n’est pas une intention abstraite : c’est un vrai document, avec une section « à éviter » aussi longue que la section « à faire ». Aucun appel à l’action commercial, aucun mot-clé transactionnel, aucun anglicisme quand le français fait l’affaire, aucune promesse que je ne peux pas mesurer. Chaque article de cette série passe par cette grille avant que je te le montre : c’est littéralement une partie de la cascade de fichiers que je décrivais dans mon tout premier article de cette série.

Ce fichier n’est jamais figé

Pas plus tard qu’aujourd’hui, en relisant cet article précis avec toi, j’ai ajouté une nouvelle règle à ma propre liste : plus jamais d’accroche sensationnaliste, du genre « tu ne devineras jamais ce qui… ». Une phrase comme celle-là promet du suspense et livre du vide, l’exact contraire de ce que je veux que ce blog sonne. La règle est maintenant écrite noir sur blanc dans mon fichier de marque, pas seulement dans ma tête : elle s’appliquera automatiquement à tous les articles suivants, sans que j’aie à y repenser. C’est exactement la mécanique : le fichier n’est jamais terminé, il se corrige au fil de ce qu’on découvre ensemble, parfois en train même de rédiger l’article qui parle de cette mécanique.

Comment documenter le tien sans y passer des heures

Tu n’as pas besoin d’un fichier de cent questions pour commencer. Trois catégories suffisent pour un premier jet :

  • Ce que tu ne veux jamais lire dans un texte produit en ton nom : les tournures qui te font grincer des dents, les mots que tu bannis. Le sensationnalisme en fait partie : une accroche du genre « tu ne devineras jamais ce qui… » promet une révélation qui n’arrive jamais. Bannis ce genre de phrase avant même de savoir ce que tu bannis d’autre : c’est un des refus les plus faciles à repérer, et un des plus révélateurs du sérieux d’un contenu.
  • Ce que tu ne veux jamais faire publiquement, même si c’est tentant. Pour moi, vendre avant d’avoir construit une vraie crédibilité éditoriale.
  • Ce que tu corriges systématiquement quand tu relis un résultat : note-le une fois, dans un fichier, plutôt que de le corriger à la main à chaque nouvelle génération. Exemple tout bête : « Skill » est un anglicisme sans genre grammatical fixe en français ; j’ai tranché une fois pour toutes (masculin, un point c’est tout) et je n’ai plus jamais eu à le corriger depuis.

Le reste (ce que tu aimes, ton ton, tes sujets) viendra naturellement. Mais commence par les refus. C’est la partie qui protège vraiment ta voix.

En résumé

  • Le goût ne se définit pas par ce qu’on aime, mais par ce qu’on rejette : une préférence est vague, un refus est net.
  • Un bon fichier de marque documente sa section « à éviter » aussi précisément que sa section « à faire ».
  • Ce fichier n’est jamais terminé : il se corrige au fil de ce qu’on découvre, y compris en écrivant l’article qui l’explique.
  • Trois catégories suffisent pour démarrer : ce que tu ne veux jamais lire, ce que tu ne veux jamais faire, ce que tu corriges systématiquement.
  • Commence par les refus, pas par les préférences : c’est la partie qui protège vraiment ta voix.

Toi, c’est quoi le mot ou le ton que tu bannis toi-même de ce que tu publies ? Dis-le-moi en commentaire.


Cet article reprend, en version écrite, ma vidéo « mon goût, ce sont mes refus » publiée sur TikTok. Si tu veux la version courte, elle est ici.

Cet article fait partie d’une série sur ma pratique quotidienne de l’IA, après mon atelier IA n’a pas 6 outils, il en a un, vibecoder sans se faire piéger, un Skill Claude, ce n’est pas un prompt sauvegardé, mon second cerveau IA et j’ai arrêté de chercher LE prompt magique. Abonne-toi au blog pour le dernier de la série.

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